Arevalo Padron a été condamné le 28 Novembre 1997 à 6 ans de prison. Le Tribunal régional de Cienfuegos l'a accusé d'outrage à la figure du Président Fidel Castro et du Vice Président Carlos Lage. Pendant une interview avec une station de radio de Miami, Bernardo Arevalo Padron avait qualifié de "menteurs" les deux dirigeants pour ne pas avoir respecté la déclaration du sommet ibéro-américain de 1996 qui réaffirmait que le pluralisme politique était une valeur universelle et que le chef d'état cubain avait signé, s'engageant à tout faire pour mettre en oeuvre des réformes démocratiques dans son pays.
Quand elles ne les emprisonne pas, les autorités cubaines obligent les journalistes indépendants à s'exiler. En 1997, 14 membres de ces agences de presse ont passé au moins deux jours en détention. 28 ont été interrogés, donc menacés par la Sécurité de l'état. A Cuba, les machines à écrire et les photocopieuses doivent être déclarées. Posséder un fax ou une photocopieuse sans autorisation peut conduire à la prison. Le Département d'Orientation Révolutionnaire contrôle toutes les informations publiées dans les médias officiels. L'accès à internet est strictement réglementé.
- Au téléphone, nos correspondants dénoncent des descentes de la police politique, des coupures de lignes téléphoniques, des confiscations de papiers d'identité et de détentions préventives. A la veille de la venue du Pape, il semble que le début d'ouverture soit largement compromis A Cienfuegos, Marvin Hernandez Monzon et Jorge Luis Arce du BPIC ont vu leurs lignes coupées le jour des élection.
- Les grévistes de la faim de Villa Clara sont toujours dans un état de santé préoccupant. L'existence de cet acte de résistance pacifique commence à être connu dans tout le pays. Deux des six grévistes ont été transférés dans des cachots d'isolement et un troisième à l'infirmerie de la prison du Tres.
- L association Despertar cubano (réveil cubain) émet des bons d'une valeur de 5 et 10 Pesos pour aider moralement et économiquement les prisonniers politiques du pays. Ces bons circulent clandestinement.
- Plus de 60 groupes de l'opposition interne et de l'exil signent un ACCORD POUR LA DEMOCRATIE qui est la base de travail de l'opposition pour la transition pacifique à LA Démocratie. Voir le texte en annexe
- Les recrus du service militaire sont entraînés pour maintenir l'ordre pendant la cérémonie religieuse et des ouvriers sont sélectionnés pour accueillir le Saint Père. (Edel Jose Garcia Diaz Agence NPC)
- Une rumeur circule à La Havane autour du co{t du voyage papal. Le chiffre de 360 000 Dollars est souvent annoncé (Nicolas Rosario Rosabal Agence NPC)
- Les hôtels de La Havane et des villes où se rendra Jean Paul II étant complet, le gouvernement cubain a décidé d'exonérer d'impôt les particuliers qui entre le 15 et le 31 Janvier loueront leurs habitations. La taxe habituelle est de 50 Dollars par chambre et par mois. 1500 exilés sont attendus ainsi que 3000 journalistes de 468 organes de presse provenant de 50 pays. Tous les téléphones portables de l'île (3000) ont déjà été loués. (Francisco Osaba El Diario Las Americas)
L'association de consommateurs italiens Cocacons dénonce l'envoie excessif de personnel de la RAI à Cuba. L'association dénonce l'envoi d'une centaine de personnes pour cette chaîne italienne. La tenue à Rome d'une conférence organisée par le Député Gianni Pilo sur la dissidence et la violation systématique des Droits de l'Homme à Cuba a fait le week end précédent la Une de la presse italienne. Le président de la commission parlementaire chargée de l'audiovisuel italien a précisé que l'envoi massif de personnel était "une honte".
- Les Exilés sont partagés entre l'espérance et la crainte avant la venue du Pape. En effet si la visite de Jean Paul II à Cuba peut accélérer la démocratisation de l'île, elle pourrait aussi légitimer le régime cubain. L'ambivalence de ces réactions se retrouve dans le dilemme moral des exilés. Certains voudraient assister à la messe du Pape mais en même temps des raisons politiques les incitent à ne pas voyager pour "ne pas faire le jeu de Fidel Castro."
- Le mouvement Démocratie prépare pour la matinée du 24 janvier une expédition pacifique jusqu'au large de La Havane. Les garde cotes américains leur interdiront de pénétrer dans les eaux territoriales cubaines afin d'éviter un incident semblable à celui qui avait co{ter la vie aux 4 pilotes de l'organisation humanitaire Hermanos al Rescate (frères du secours) en février 1996. Les pilotes avaient été abattus par la chasse cubaine alors qu'ils se trouvaient dans l'espace aérien international lors d'une mission de repérage de balseros, les boat people cubains. Cet assassinat avait entraîné le vote de la Loi Helms Burton.
- Une délégation cubaine a effectué une visite commerciale secrète en Israël révèle le quotidien Jérusalem Post. La délégation cubaine dirigée par le vice- ministre de la pêche, a répondu à une invitation de la Confédération Générale des Travailleurs Israéliens Histadrudt. Le porte parole du ministère des affaires étrangères israélien n'a pas pu confirmer l'autre information du Jérusalem Post qui indique qu'il y a deux semaines il y eut une autre visite d'une délégation cubaine conduite par le vice-ministre du ravitaillement. La délégation s'est entretenue avec des représentants du Likoud et du Parti Travailliste. Le but de ces entrevues était d'établir des relations commerciales entre les deux pays. Les relations diplomatiques entre Cuba et Israël avaient été suspendues en 1973 en raison de la guerre du Kipour ( Alberto Garcia Marder El Diario Las Americas).
- Le journaliste indépendant Reynaldo Arévalo Padron, qui est aussi le directeur de l'agence de presse indépendante Linéa Sur, est détenu à la prison de Ariza. Il dénonce son incarcération dans un cellule avec des détenus de droit commun qu'il qualifie de dangereux. Il dénonce aussi les conditions de vie épouvantables que subissent les prisonniers: absence de nourriture ou aliments avariés. Absence de toute hygiène la plus élémentaire et de nombreuses épidémies, présence abondante de mouches et de cafards.
- La situation sanitaire de l'hôpital de Cienfuegos est alarmante. On dénote une détérioration du matériel médical et un manque de stérilisation dans le bloc chirurgical de l'Hôpital Gustavo Aldereguia Limas. Les salles d'opérations subissent des infiltrations d'eau. Les autorités publiques n'ont pas répondu aux demandes formulées depuis quelques mois.
A Cienfuegos, Juan De Dios Medina Vazquez a été arrêté à son domicile par plusieurs officiers de la Sécurité de l'Etat. Au cours de la fouille, les officiers ont confisqué le magnétophone et les cassettes musicales d'artistes cubains tant de l'intérieur de Cuba que de l'exil.
- A Santa Clara, un énorme panneau a été placé à l'entrée d'un cimetière. Y a été écrit : "A Fidel et aux Gouvernants: nous aimerions que vous nous apportiez des urnes pour que nous aussi puissions voter." (Pérez Cruz BPIC)
- Le 29 Octobre dernier, le journaliste indépendant du BPIC, Jorge Luis Arce Cabrera était agressé physiquement puis victime d'un "acte de répudiation" peu après. Le 12 Janvier 1998 il est convoqué à un commissariat de police de Cienfuegos. L'officier de Police Enrique Fernandez lui impose alors une amende de 250 Pesos pour avoir troublé l'ordre public! (Marvin Hernandez Monzon Cubapress)
- Le 24 Décembre, lors de la messe de la Nativité qui se célébrait dans la municipalité de Guajay dans la province de Santi espiritu, des militants communistes plaçaient des hauts parleurs devant l'église afin de perturber la célébration religieuse. Ces hauts parleurs émettant de la musique furent retirés dès la fin de la messe. Dans cette même municipalité, le secrétaire du PC Julio Rodriguez Estremera a exhorté tous les militants à effectuer des travaux agricoles le jour de Noël , exceptionnellement déclaré férié, en expliquant que ce jour était "férié pour les religieux et pas pour les communistes" (Hector Trujillo Piz Cubapress).
- Fidel Castro donne une conférence de presse sur les élections et sur la prochaine venue du Pape. La conférence a commencé à 9 heures du soir pour durer jusqu'à 2 heures du matin. L'agence Cuba presse a effectué un sondage pour connaître le taux d'écoute. Sur 20 personnes appelées, dans les dernières heures de la prestation, 15% écoutaient le président, 35% répondirent par la négative. N'ont pas répondu après 12 sonneries 30% et 20% ont raccroché sans répondre. (Ricardo Gonzales Cuba Prensa Libre).
- Dans son discours, le chef de l'état cubain invite ses "inconditionnels" à être respectueux lors de la visite du Saint Père. Il invite officiellement les militants du parti à assister aux messes sans aucune consigne politique afin de "ne pas maintenir l'image antireligieuse de la révolution." (Aurora Garcia Agencia Habana Press)
- Dans le quartier Almendares, de la municipalité de Boyeros, près de l'aéroport de La Havane, la Sécurité de l'état visite la maison de tous les opposants fichés et leur ordonne de "rester localisables" pendant la visite papale. Certains d'entre eux sont emmenés dans une ferme du Minint transformée en camp de détention à Capdevilla. (Mario Remedios Président du Mouvement 24)
- Les autorités de la province de Matanzas ont informé officiellement l'Eglise catholique des contraintes imposées aux résidents de cette province qui désirent se rendre à la messe le Dimanche 25 Janvier à La Havane. Tous les trajets se feront dans des bus où se trouveront des officiers de la Sécurité de l'Etat. Les agents seront chargés d'inspecter et de surveiller le contenu des sacs emportés. Les Pèlerins n'auront le droit d'emporter qu'une bouteille d'eau et des aliments en petite quantité. Les sacs devront rester dans les bus jusqu'à la fin de la messe papale. Le transport des fidèles sera payé par des donateurs étrangers ainsi que les retransmissions des messes (Monike De Motas Cubanet).
- La police politique exerce diverses pressions pour intimider les membres de l'opposition dans le but de les empêcher de participer aux activités religieuses liées à la visite du Saint Père. Mr. Cordero, du groupe du 20 Mai, a été convoqué dès le 10 Décembre au commissariat de la 10ème unité de la rue Acosta, à La Havane, pour se faire notifier une interdiction d'assister à la messe du 25 Janvier, place de la Révolution. Felix Perera, Vice Président du bloc démocratique, a reçu une menace quant à sa participation à des actes religieux. Tout acte politique lui est officiellement interdit. Omar Alejandro Gonzalez Rivero a reçu quant à lui des menaces d'emprisonnement de la part du chef de zone, le major Campa, du chef de secteur Mario Ruiz et du Sous lieutenant Macias si il participait à un acte publique ou si il allait à l'église durant le séjour du Pape à La Havane. José Manuel Arteaga, du Parti Cubain Démocrate Chrétien, a aussi été prévenu de son interdiction d'assister à des célébrations religieuses.
- A Bayamo, Mr. JoséAngel Peña, Président du Comité Pour Les Droits de l'Homme a été arrêté en compagnie d'un de ses amis dissidents, Mr. Silvano Duante. Tous deux ont été gardés toute l'après midi du 9 Janvier au centre de détention de la première unité de Police. Ils ont été remis en liberté non sans que leurs papiers d'identité aient été confisqués, ce qui les empêche de sortir de leur ville de résidence.
- L'église insiste sur le rôle purement "pastoral" de la visite (Lucas Garve APIC)
- Le Cardinal de La Havane, Jaime Ortega, qui a été enfermé pendant plus de deux ans dans les tristement célèbres camps de travail de l'UMAP pendant les années 60, a pu effectuer un discours télévisé d'une demi heure. C'est la première fois qu'un ecclésiastique apparaît à la télévision cubaine depuis 1961. Il a évoqué l'objectif purement "pastoral" de la visite papale et les conséquences positives qu'il attendait de cet événement. (Luis Garve)
- Cecilio Ruiz Rivero, activiste de la délégation pour La Havane de la Coordination Nationale Démocrate, purge actuellement une peine de 6 ans à la prison de Quivican pour "outrage" et "désobéissance". Il avait auparavant effectué une peine de trois ans pour "propagande ennemie". Mr. Ruiz Rivero souffre de malnutrition. Son état de santé est jugé "préoccupant". Tout assistance médicale lui est refusée. Il en est de même pour Enrique Alfonso qui a été condamné pour "propagande ennemie". Il est aussi membre de la coordination Nationale Démocrate et est le Président de l'Union des jeunes Démocrates.
- On nous reporte le décès de deux prisonniers politiques, Esteban Licour Vargas et Jésus Olivera Cabrera à la prison de Quivican. Le premier est décédé de lectoporosis et le second d'hépatite, ce qui démontre l'insuffisance de l'attention médicale des détenus ainsi que l'état lamentable et le manque total d'hygiène dans les prisons.
- Tous les prisonniers politiques qui constituent l'union des prisonniers politiques Pedro Luis Boitel, du nom d'un jeune opposant de Castro mort en prison dans des circonstances particulièrement atroces à la suite d'une grève de la faim, ont décidé d'effectuer une grève de la faim entre le 21 et le 25 janvier, c'est à dire pendant le séjour de Jean Paul II. Cette décision a été prise suite à l'annonce faite par le Vatican de ce que le Pape ne visiterait pas les prisons.
- A Santa Clara, des négociations sont en cours entre les grévistes de la faim et les autorités. Les activistes du Parti Pour Les Droits De l'Homme auraient reçu des formulaires de sortie définitive du pays. La Présidente du Comité d'appui aux grévistes déclare que les autorités ont proposé aux grévistes de se rétablir dans une ferme qui appartient au Parti Communiste, à Topes de Collantes. La proposition a été refusée. Les activistes sont en grève de la faim partielle depuis le 9 Octobre dernier, date de l'arrestation d'une de ces activistes pacifiques, Mme. Daula Carpio Mata. Le groupe réclame l'annulation des jugements les condamnant à 18 mois de prison pour "association illégale" et condamnent formellement les détentions arbitraires d'opposants pacifiques et de journalistes indépendants. (Ricardo Gonzalez Alfonso Cuba Press).
- A Santa Clara, le Pape lors de la messe a évoqué le problème migratoire de l'île et la perte de valeurs éthiques" du, en partie, à la "promiscuité du système scolaire"
Le Saint Père a décrit la jeunesse comme "victime de schémas culturels vides de sens et d'un type d'idéologie qui n'offre pas de normes morales hautes et précises". "Cette relativité morale créée l'égoosme, la division la marginalisation, la peur et le manque de confiance envers les autres".
- A La Havane, le journaliste indépendant Ricardo Gonzalez Alfonso de l'agence Cuba Press est sous surveillance constante d'agents de la sécurité de l'état (Ana Luisa Lopez Baeza, Cuba Press)
- Le Pape rencontre les intellectuels à l'université de La Havane. Il demande une "meilleure collaboration entre les institutions cubaines et l'Eglise". A la fin de son discours, le Pape a exprimé sa confiance en ce que les Cubains atteignent une civilisation de justice et de solidarité, de liberté et de vérité, une culture d'amour et de paix". Les artistes reconnaissent que le champ littéraire est passé de la stricte narration d'épisodes révolutionnaires à la dissertation sur des thèmes traditionnellement tabous comme l'homosexualité, les conflits de l'adolescence, la corruption et l'exil. Entre 1986 et 1990, la production littéraire s'est effondrée, passant de 200 millions à 300 000 ouvrages.
L'Editorialiste du journal ABC de Madrid évoque "l'attitude valeureuse de Jean Paul II qui contraste avec l'opportunisme démagogique de Castro."
- Il n'y a pas longtemps, le ministre de la culture, Abel Prieto, a déclaré à des journalistes que les artistes cubains traversaient la crise avec débrouillardise. Il a mentionné le cas de musiciens qui utilisaient des fils téléphoniques pour en faire des cordes de violon!
- Le Pape a enchaîné pendant la messe en parlant de "la vrai liberté qui inclut la reconnaissance des Droits de l'Homme et de la justice sociale". " La souffrance n'est pas que physiqueIl existe aussi une souffrance de l' âme telle que subissent ceux qui sont persécutés, ceux qui sont enfermés pour différents délits ou pour raison de conscience" "la véritable liberté inclut la reconnaissance des droits de l'homme et de la justice sociale". Le Saint Père a demandé expressément la liberté d'expression et d'association "pour pouvoir collaborer de façon efficace dans la recherche du bien commun". Il a ensuite visité la léproserie du sanctuaire de San Lazaro, dans la province de La Havane où il a déclaré que "la souffrance n'est pas seulement physique. Il existe aussi la souffrance de l' âme comme celle dont souffrent les exclus, les persécutés, les prisonniers pour délits communs ou pour raison de conscience, pour des idées pacifiques mais discordantes" " Je transmet à tous les prisonniers mes cordiales salutations et les exhorte à ne pas se laisser abattre par le pessimisme" Le ministre des affaires étrangères espagnol, Abel Matutes répond à l'accusation faite à l'Espagne par Fidel Castro d'être responsable d' "esclavage et de génocide" pendant la colonisation, alors qu'il recevait le Pape à l'aéroport de La Havane. Il semble que beaucoup d'Espagnols se sont sentis insultés par le discours de bienvenue au Pape prononcé par le "Lider Maximo". Les paroles ont ainsi été jugées "impertinentes, inopportunes, choquantes, pas objectives, trop partielles, surprenantes ou insultantes. Toutes les personnalités espagnoles qui se sont prononcées ont signalé que ni la colonisation de l'île ni la conquête de l'Amérique n'avaient à voir avec les maux dont souffre aujourd'hui Cuba. Le Président du Sénat, Juan Ignacio Barrero a eu des mots particulièrement durs: "le dictateur a offert pour l'arrivée du Pape un discours rempli d'informations fausses et une vision manipulée de l'histoire."
- A la demande faite par Castro au Pape de s'exprimer sur la levée de l'embargo américain, le Vatican a répondu par une demande de pleine liberté pour que l'Episcopat cubain puisse mener à bien sa mission d'évangélisation, le respect des Droits de l'Homme et le pardon aux prisonniers. La demande de libération a été faite par le Cardinal Angelo Sodano, secrétaire d'état du Vatican qui l'a transmise au Vice Président Carlos Lage et au ministre des affaires étrangères Roberto Robaina. Le gouvernement examine cette liste avec "attention". Selon le porte parole du Vatican, Mgr Navarro- Valls, il n'y a pas de type spécial de prisonniers. Les noms sont ceux de condamnés ayant déjà purgé de longues peines, malades ou enfermés pour des raisons politiques." La liste serait basée sur le travail d'Amnistie Internationale.
- Pendant la messe quelques arrestations ont été effectuées par des agents de la sécurité de l'état habillés en infirmiers. Les prévenus ont été embarqués dans des ambulances portant le logo de la Croix Rouge. Un couple qui s'apprêtait à lever une pancarte contenant le slogan "A Bas la dictature des frères Castro" a été détenue peu avant l'entrée du Pape sur la Place. Un jeune qui commençait à crier des slogans pour la liberté a été peu après embarqué. Un homme de 40 ans interrogé par des journalistes de ABC a été embarqué aussitôt après l'interview. Les témoins des incidents ont préféré ne pas réagir. Bien que de nombreux participants aient crié le mot Libertad, liberté ou " Le Pape libre nous veut libre" il n'y a pas eu d'événement majeur. De nombreux témoins affirment que la présence policière était particulièrement visible. Ainsi les quelques opposants dont le slogan était " Juan Pablo amigo, llevatelo contigo" (Jean Paul ami, emmène le - Fidel Castro- avec toi) n'ont pas été suivis. (ABC, El Nuevo Herald)
- L'organisation indépendante américaine Center for a Free Cuba, dénonce l'interprétation des paroles du Saint Père lors de son voyage dans l'île. Ainsi l'organisation s'est appliquée à analyser les discours du saint Père. Le pape n'aurait ainsi prononcé le mot embargo qu'une seule fois alors qu'il a prononcé les mots Vérité 74 fois, liberté 53 fois, famille 42 fois et justice 31 fois. "A observer la presse on dirait que le but du voyage n'était que la levée de l'embargo" a déclaré le Président de l'association, Franck Calzon. Jean Paul II a eu des discours beaucoup plus axés sur le spirituel et lereligieux Il a ainsi prononcé le mot Jesus Christ et Dieu 129 fois, "valeurs morales" 129 fois, 32 fois solidarité et 16 éducation et société civile 9 fois. Il a aussi prononcé les mots "peur" et "réconciliation" 5 fois, et 3 fois le mot "prisonnier". Il s'est référé 4 fois aux exilés cubains et a mentionné 6 fois le nom du cardinal de la Havane, Mgr Ortega et Fidel Castro 4 fois. Le Pape n'a pas prononcé une fois le mot "Etats Unis".
Lors d'un long entretien téléphonique avec Mr. Leonel Morejon
Almagro, nous apprenons que loin de s'engager vers des réformes
démocratiques, le régime se livre à une cure de
"Dépapisation". L'espoir engendré par le voyage
du Saint Père nous donne l'impression que le régime continue
d'avancer dans l'impasse du totalitarisme. Lionel Morejon Almagro,
jeune avocat, président du Concilio Cubano, l'union des
partis politiques et associations pour les droits de l'homme et la
Démocratie à l'intérieur de Cuba et nominé au
prix Nobel de la Paix nous confirme une fois de plus:
Lionel Morejon Almagro a été emprisonné le 24 février 1996 alors qu'il s'apprétait à participer au premier congrès du Concilio cubano. Il a passé 18 mois en prison dans des conditions particulièrement difficiles. Pendant ce temps son épouse a été expulsée de son travail et menacée d'expulsion de son domicile. Lionel Morejon Almagro a reçu le prix de l' American Bar Association c'est a dire du syndicat des avocats américains et nominé au Prix Nobel de la Paix.
- Madame Linduine Zumpolle, Présidente de Pax Christi Hollande s'est rendue à Cuba lors de la visite papale. Un de ses proches collaborateurs, Mr. Erik Laan s'est vu refuser l'accès au territoire cubain et a du remonter directement dans l'avion. Madame Zumpolle n'a pu entrer que grâce au fait que son passeport soit établi avec le nom de son mari.
Madame Zumpolle confirme la déclaration de Mr. Almagro: la situation est extrêmement tendue, voire explosive. Elle est persuadée que le gouvernement cubain est tellement enferré dans sa logique totalitaire que la transition pacifique à la Démocratie devient chaque jour moins probable. La synthèse de toutes ces informations est que la politique actuelle d'investissements sans aucune concertation avec l'opposition pacifique devient économiquement et culturellement suicidaire. Nous appelons donc les Européens à se joindre à nous pour demander au plus tôt au Président Castro: L'amnistie totale des prisonniers politiques Le respect de la déclaration des Droits de l'Homme et de la déclaration de Viña del Mar qui ont toutes deux été signées par l'Etat Cubain L'organisation sous contrôle international d'un plébiscite sur la continuité du système actuel.
Quand nous demandons à nos camarades ce que nous pouvons faire afin de les aider ils nous répondent sans exception:
"CONTINUEZ A DENONCER LES VIOLATIONS SYSTEMATIQUES FAITES AUX DROITS DE L'HOMME, COMMUNIQUEZ LES A VOS GOUVERNEMENTS ET AUX ORGANISMES INTERNATIONAUX QUI SE CHARGENT DE VEILLER AU RESPECT DES DROITS DE L'HOMME AFIN QUE PERSONNE N'OUBLIE CE QUI EST EN TRAIN DE SE PASSER ET QUE DES MESURES APPROPRIEES SOIENT PRISES EN CONSEQUENCE DE CES EVENEMENTS" Nous ajoutons que ces opposants et dissidents sont frappés de plein fouet par l'effroyable situation économique que connaît l'île. Renvoyés de leur travail, persécutés par la police politique, ils ont besoin de se vêtir, de se nourrir, de payer leur loyer et de communiquer leurs informations Nous désirons leur venir en aide. Nous avons donc besoin de votre support. Beaucoup sont en dangers de mort. Il faut leur obtenir l'asile politique en France et leur offrir une tribune.